Isabelle Stengers,

Est-il possible de ralentir?

Bruxelles, février 2013

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L'histoire des sciences modernes est une histoire de disqualifications, entre science et opinion, comme entre sciences et non-sciences. Stengers appelle à des sciences qui ne se définiraient pas par la disqualification des autres formes de savoir, mais de façon positive, avec des scientifiques "civilisés qui sachent se présenter" sans juger. Par exemple, des scientifiques qui présenteraient leur pratique sans avoir besoin de qualifier les pratiques des autres d'irrationnelles ou en donnant à la leur le caractère d'une vérité universelle anhistorique.Elle en appelle à des scientifiques qui ne mépriseraient pas non plus la politique - en imaginant qu'ils détiennent des "solutions" aux problèmes qu'elle se pose -, mais qui considereraient plutôt qu'ils viennent les compliquer en demandant la prise en compte des êtres avec lesquels ils travaillent. Des scientifiques, encore, qui pourraient penser leur activité sur le même plan que des pratiques non modernes, sans avoir l'impression que l'écologie que cela engage soit une contradiction dans les termes. 

 

Émilie Hache, Ce à quoi nous tenons, Les empêcheurs de penser en rond, 2011.

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