"Toute chasse

s'accompagne d'une théorie de sa proie, qui

dit pourquoi, en vertu

de quelle différence,

de quelle distinction,

certains peuvent être chassés

et d'autres pas"

 

Grégoire Chamayou, Les chasses à l'homme, La Fabrique, 2010

Anonyme, Quartiers Libres, 7 janvier 2015

BC, Arrêt sur images, 8 janvier 2015

Mathias Delori, Médiapart, 8 janvier 2015

"Ces cérémonies nous enseignent quelles vies il convient de pleurer mais aussi et surtout quelles vies demeureront exclues de cette économie moderne et humaniste de la compassion."

Bureau National de L'UJFP, 9 janvier 2015

 

"Mais Charlie Hebdo a mené une bataille politique. Et occulter et faire oublier dans quel contexte il publiait ses caricatures faisait partie de sa bataille. (...) Les actes de Charlie Hebdo, et les caricatures et les articles sont des actes et ont participé au développement de l'islamophobie en France."


Olivier Cyran, Article 11, 5 décembre 2013

"Ils n’ont aucun préjugé contre les musulmans, c’est juste qu’ils s’esclaffent de bon cœur sur ce dessin de Charb où l’on voit un Arabe à grosse moustache en arrêt devant une prostituée, tandis qu’un prédicateur à barbe le sermonne : « Mon frère ! Tu vas pas payer 40 euros une passe alors que pour le même prix tu peux acheter une épouse ! » Dans les années trente, le même gag avec des juifs à la place des musulmans aurait fait un tabac, sauf qu’à l’époque son auteur n’aurait sans doute pas eu l’idée de venir brandir un brevet d’antiracisme."

Miguel Mellino, Commonware, 11 janvier 2015

"Pour pouvoir dire quelque chose à propos de ce qu'il s'est passé à Paris, il faut toujours commencé par une prémisse et des justifications : " Nous sommes contre ces faits, des assassinats barbares, etc.", et ce n'est qu'après que nous pouvons parler. Cela te donne l'idée qu'il y a une pression très forte, fournie par l'ordre du discours, qui amène à nous réfugier derrière la liberté d'expression. A mon sens, le slogan "je suis Charlie" équivaut à dire " je suis l'Ouest". Je ne veux diaboliser personne, mais ce que je lis dans cette expression, c'est surtout : moi je suis l'occident, je suis les droits, je suis la liberté des femmes, la liberté de la presse. Je suis beaucoup de belles choses et nous assiégés par les barbares."

Pacôme Thiellement, Les mots sont importants,

12 janvier 2015

"La personne qui est visée, pas de doute, c’est bien nous. C’est-à-dire le type qui a cautionné la merde dans laquelle on tient une immense partie du globe depuis quarante ans. Et qui continue à la cautionner. Le diable rit de nous voir déplorer les phénomènes dont nous avons produits les causes."

Faysal Riad, Les mots sont importants,

13 janvier 2015

"Quelle est la passion française actuellement ?

Quel est l’ouvrage qui a eu le plus de succès récemment ? Que raconte l’essayiste le plus populaire de France ? Et que raconte le romancier le plus médiatisé de la France actuelle ? Et que raconte le plus célèbre et le plus récent des recrutés à l’Académie française ?"

Emmanuel Riondé, Médiapart, 13 janvier 2015

"Le concept d'identité nationale mobilisé au plus haut sommet de l'Etat par Nicolas Sarkozy sous la forme d'un ministère a été le puissant vecteur dans la société française d'un repli excluant et d'une libération de la parole islamophobe et romophobe."

Shlomo Sand, UFJP, 13 janvier 2015

"Un vent mauvais, un vent fétide de racisme dangereux, flotte sur l’Europe : il existe une différence fondamentale entre le fait de s’en prendre à une religion ou à une croyance dominante dans une société, et celui d’attenter ou d’inciter contre la religion d’une minorité dominée."

Mirabelle Cruells-Thouvenot, 6 janvier 2015

"La question des attaches n'est pas tellement à retourner aux migrant-es et à leurs enfants ou petits enfants, dont l'ethnopsychiatrie a montré combien ils étaient habité-es de mondes multiples et doté- es pour cela d'une grande puissance à embrasser le monde et à s'y diriger. Elle est bien plutôt ce point noir dans notre héritage occidental, celui de la rationalité, du cartésianisme et du mythe de l'homme émancipé. Il n'y a qu'à voir cette citation de Charb qui a tant circulé dans les heures après l'attentat, brandie par tous les Charlie comme le signe du courage politique et que je trouve pour ma part absurdement grandiloquente et pour ainsi dire bien vaine aujourd'hui : « Je n'ai ni enfant, ni voiture, ni crédit. Je préfère mourir debout que vivre à genoux. » Cette phrase exprime moins le panache que l'irresponsabilité (et c'est d'ailleurs ce dont Charlie Hebdo se revendiquait ostensiblement) de celui qui n'a pas d'attache.Mais comment vouloir changer le monde si l'on ne s'y sent pas lié, compromis? Et surtout, si 'lon ne s'y questionne pas sans cesse sur la place qu'on y occupe et d'où l'on parle et agit."

Bureau National de l'UJFP, 15 janvier 2015

Deux enseignantes, Les mots sont importants, 22 janvier 2015

Houria Bouteldja, Parti des Indigènes de la République, 26 janvier 2015